Huile essentielle de Niaouli trans-NerolidolDécouvrez l'huile essentielle de Niaouli trans-Nerolidol Astérale, la plante, sa production, ses propriétés et applications en AromathérapieIllustration : écorce du Niaouli, photo Simon Lemesle, Astérale Huile essentielle de Niaouli trans-Nerolidol, nouvelle production AstéraleL’arôme du Niaouli trans-Nerolidol est soyeux et duveteux, et semble amortir, comme dans une fleur de coton, des mouvements aériens particulièrement posés et ralentis. En application cutanée, on perçoit un effet revitalisant très doux et profond, lent, durable, ainsi qu’une exceptionnelle douceur. Une huile essentielle protectrice cutanée majeure qui exprime aussi sa délicatesse par son activité anxiolytique particulière.
Nous avons été les premiers à décrire et commercialiser les huiles essentielles d’Herbe des rois, de Manavao, d’Hélichryse faradifani, de Famonty, de Maniguette fine… ou encore à différencier des chémotypes uniques tels que le Mandarinier petit grain thymol, la Cannelle feuille « BB »… mais, pour le cas du Niaouli chémotype trans-Nerolidol, nous n’avons rien inventé ! Ce profil biochimique est en effet déjà connu. La disponibilité de cette huile essentielle sur le marché de l’Aromathérapie reste cependant anecdotique, la production malgache inexistante avec le profil que nous vous proposons, et les propriétés et applications peu détaillées ce qui justifie cet article, scindé en trois parties.
1. Le Niaouli, la plante, ses chémotypes et la productionLe Niaouli, la plante et son huile essentielleSes feuilles à cinq nervures, à l’origine du nom de l’espèce quinquenervia, est l’une des clés d’identification de cette plante ainsi que son écorce, épaisse et spongieuse, formée de multiples couches qui se détachent en longues bandes. Arbre au port généralement tortueux, sa floraison est abondante, mellifère et délicatement parfumée, avec un dense faisceau d'étamines blanches... une explosion florale typique de sa famille botanique, les Myrtacées. Originaire d’Australie et de Nouvelle-Calédonie, il a été introduit à Madagascar dans le but d’assécher les zones marécageuses et comme arbre de reboisement. Rustique, il est capable de s’adapter à des conditions pédoclimatiques variées et son développement végétatif est rapide. Il forme des peuplements importants sur la région humide de la côte est de Madagascar et de manière moins fréquente et moins dense dans les Hautes Terres ou l’Ouest malgache.
Obtenue par distillation à la vapeur d’eau des feuilles, l’huile essentielle de Niaouli est bien décrite, largement employée en Aromathérapie et produite en volume important notamment à Madagascar. Mais la standardisation de la composition sur des profils majoritaires en un composant, le 1,8 cinéole (ou eucalyptole), et la nécessité de limiter les coûts de production en raison d’une forte concurrence accompagnée de prix d’achat particulièrement bas, entraînent une représentation olfactive et thérapeutique assez dégradée et éclipsent la diversité naturelle du Niaouli. En effet, au contact du végétal, on constate une grande disparité des arômes. Les chémotypes du NiaouliNiaouli à 1,8 cineole, viridiflorol, trans-nerolidol, linalol, linalol et trans-nerolidol… le Niaouli possède un métabolisme spécifique variable avec de nombreux chémotypes identifiés. Il n’y a donc pas un Niaouli mais bien des huiles essentielles de Niaouli. Cette pluralité s’observe simplement en respirant l’odeur des feuilles froissées et cela parfois au sein d’une même population, sur une même station de cueillette, dans les mêmes conditions pédoclimatiques. La fluctuation des odeurs des feuilles peut être associée à de légères différences morphologiques : dimension des feuilles, couleur des fleurs et de l’écorce. D’un point de vue taxonomique, les botanistes considèrent qu’il s’agit cependant d’une seule et même espèce, à Madagascar le Melaleuca quinquenervia.
Actuellement, c’est le chémotype 1,8 cineole qui est prépondérant sur le marché, c’est ce profil que vous retrouvez dans la grande majorité des flacons commercialisés et décrit dans la plupart des ouvrages d’Aromathérapie. Il se distingue par son arôme frais et montant propre à cette molécule présente dans de nombreuses huiles essentielles telles que le Ravintsara, l’Eucalyptus globulus, l’Hélichryse femelle. Sélection du chémotype 1,8 cineole et cinétique de distillationÀ Madagascar, les sites de cueillette de Niaouli situés sur la côte est sont principalement peuplés par des populations à chémotype 1,8 cineole, profil correspondant donc à la demande principale du marché. Les distillateurs doivent cependant veiller à limiter le pourcentage de viridiflorol et de trans-nerolidol et maximiser le taux de 1,8 cineole pour répondre aux exigences des acheteurs. Pour pallier la variabilité de la plante et diminuer les coûts de production, les distillations sont réalisées de manière incomplète, en limitant la durée. Il s’agit donc d’un fractionnement : le 1,8 cineole, en raison de sa structure carbonée, de sa fonction biochimique et potentiellement de sa localisation dans les tissus de la feuille, est principalement libéré en début de distillation. Au contraire, le trans-nerolidol et encore plus le viridiflorol nécessite, pour être correctement extrait, une durée de distillation plus longue ou, pour être plus précis, une quantité de vapeur plus importante. Nous avons pu étudier la cinétique d’extraction par distillation des composants de l’huile essentielle de Niaouli en analysant différentes fractions et ainsi apprécier cette dynamique.
Le fractionnement de la distillation, en sélectionnant le début de distillation ou au contraire en l’écartant, permet de « corriger » la variabilité propre à ce végétal et d’élaborer des profils adaptés à la demande. Cette approche n’est pas en cohérence avec notre concept de qualité en thérapeutique. En effet, elle consiste à « fabriquer » une huile essentielle en écartant un concept primordial en phyto-aromathérapie, celui du totum, qu’il convient de préserver notamment par des distillations complètes. Nous constatons empiriquement que ce fractionnement de l’huile essentielle de Niaouli induit un déséquilibre, une perte de la vitalité et une moins bonne expression de la singularité de ce végétal. La recherche d’un taux élevé de 1,8 cineole par le fractionnement ne permet pas d’exprimer pleinement la douceur et la rondeur si caractéristiques de cette plante, ce qui confère aux productions standards un aspect respiratoire rugueux, à la tolérance limitée et très réduit dans leurs potentiels psycho-émotionnels. Nous refusons donc la pratique du fractionnement en respectant des durées de distillations maximales : une extraction jusqu’à épuisement des composés volatils de la plante.
Le Niaouli « classique » AstéraleÀ ce jour, nous vous proposons notre huile essentielle de Niaouli classique issue d’une cueillette de population, des arbres spontanés qui présentent une certaine variabilité biochimique. Nous sélectionnons par « sniffing » la récolte sur des arbres dont le 1,8 cineole prédomine olfactivement : nous avons formé au sein de notre équipe un responsable de cueillette qui, munit de flacons de références, désigne les pieds récoltables après avoir senti les feuilles. Cette méthode a bien entendu des limites. Le 1,8 cineole pouvant être présent à des taux variables suivant les individus, même un nez bien entrainé ne peut, bien entendu, pas quantifier ce composant. Nous obtenons cependant une huile essentielle de Niaouli particulièrement équilibrée, complète et polyvalente, appréciée pour sa douceur et la profondeur de ses activités. Vous en trouverez la présentation sur le guide pratique. Huile essentielle de Niaouli fleurs, une exclusivité AstéraleVous avez peut-être eu la chance d’acquérir un flacon de Niaouli fleurs, une nouvelle petite production lancée en 2025 à l’arôme particulièrement mielleux que nous orientons pour des applications cosmétiques. Vous en trouverez la présentation sur le guide pratique. Cette huile essentielle de fleurs reste pour l’instant anecdotique, mais nous espérons vous la proposer plus régulièrement. L’eau florale est disponible, elle s’adresse particulièrement aux épidermes secs, sensibles, réactifs ou fragilisés grâce à ses propriétés protectrices et apaisantes.
Production de l'huile essentielle de Niaouli trans-Nerolidol AstéraleLa sélection par sniffing nous a permis d’identifier des spécimens d’arbres qui se distinguent olfactivement par l’absence de fraîcheur du 1,8 cineole et porteur de l’arôme caractéristique du trans-Nerolidol. Afin de vérifier cette identification olfactive, nous avons réalisé des tests de distillation sur une quantité de plante réduite pour obtenir un échantillon ensuite analysé par chromatographie phase gazeuse dans notre laboratoire. Ensuite, au moyen d’une extraction par solvants sur feuilles fraîches et de l’analyse de l’échantillon obtenu, nous avons vérifié le profil des composants volatils naturellement présents dans ces spécimens. Nous employons régulièrement cette méthode d’extraction par solvants, mais uniquement à des fins expérimentales, comme support de recherche. Elle nous permet d’obtenir le profil de « l’essence » du végétal qui nous sert de référence dans notre démarche de production authentique : une recherche de fidélité entre les composants naturellement présents dans la plante et l’huile essentielle obtenue par distillation à la vapeur. Nous avons enfin réalisé une production en condition réelle en récoltant les arbres sélectionnés, avec une première distillation de 13h pour un rendement avoisinant les 1%. Son profil biochimique est présenté dans la seconde partie de cet article
Les autres Niaoulis en développementNous poursuivons notre travail d’amélioration et de recherche sur ce végétal en continuant d’identifier des arbres qui présentent des spécificités olfactives et morphologiques. Des résultats intéressants ont été obtenus sur le chémotype 1,8 cineole avec, toujours en distillation longue, une première production présentant plus de 60% de 1,8 cineole et moins de 0,03% de trans-Nerolidol ainsi qu’une production de chémotype viridiflorol à plus de 30 % tout aussi faible en trans-Nerolidol (0,08%). Nous n’avons pas identifié à ce jour d’autres chémotypes qui ne sont d’ailleurs pas décrits à Madagascar.
Simon Lemesle, Astérale, janvier 2026
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